
Mycoses
Mycose vaginale enceinte : symptômes et que faire ?

Zineb Sadki
Rédaction éditoriale, Santelle
Démangeaisons, brûlures, pertes différentes de d’habitude… Pendant la grossesse, le moindre changement intime peut vite devenir inquiétant.
La bonne nouvelle, c’est que la mycose vaginale est fréquente pendant la grossesse et qu’elle est généralement sans gravité.
Mais comme ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres infections vaginales, mieux vaut éviter de conclure trop vite qu’il s’agit d’une mycose, et surtout de commencer seule un traitement.
Voici comment la reconnaître, ce qui change pendant la grossesse et les bons réflexes à avoir.

Pourquoi les mycoses vaginales sont-elles plus fréquentes pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, les taux d’œstrogènes augmentent fortement.
Ces changements hormonaux modifient progressivement l’environnement vaginal et peuvent créer des conditions plus favorables au développement de Candida, le champignon responsable de la majorité des mycoses vaginales.
Le système immunitaire évolue lui aussi pendant la grossesse.
Or, Candida peut être naturellement présent dans le vagin sans provoquer de problème : c’est lorsqu’il prolifère de manière excessive que les symptômes apparaissent.
C’est donc une période où l’équilibre vaginal peut être plus facilement perturbé, en particulier au troisième trimestre.
Les études montrent d’ailleurs que la colonisation par Candida concerne environ 20 % des femmes en général, contre jusqu’à 30 % pendant la grossesse.
Quels sont les symptômes d'une mycose vaginale enceinte ?
Les symptômes d’une mycose vaginale sont globalement les mêmes pendant et en dehors de la grossesse.
Les plus fréquents sont :
des démangeaisons, parfois très intenses, au niveau de la vulve ou du vagin ;
une sensation de brûlure ou d’irritation ;
des pertes blanches épaisses, parfois grumeleuses et généralement sans odeur forte ;
une rougeur ou un gonflement de la vulve ;
une gêne pendant les rapports sexuels ;
parfois une sensation de brûlure lorsque vous urinez, notamment si les tissus sont déjà irrités, un symptôme qui peut également apparaître dans d’autres formes d’irritation vaginale.
Vous n’aurez pas forcément tous ces symptômes en même temps.
Certaines mycoses provoquent surtout des démangeaisons, d’autres davantage de pertes ou de brûlures.
C’est aussi pour cette raison que les symptômes seuls ne suffisent pas toujours à savoir ce qui se passe.

Pertes normales de grossesse ou mycose : comment faire la différence ?
Voir ses pertes augmenter pendant la grossesse ne signifie pas forcément qu’il y a une infection.
Les pertes vaginales sont naturellement plus abondantes pendant cette période. Lorsqu’elles sont physiologiques, elles sont généralement :
claires ou blanchâtres ;
fluides à légèrement épaisses ;
sans odeur forte ;
sans démangeaisons, brûlures ou irritation.
Une mycose est davantage suspectée lorsque les pertes deviennent épaisses ou grumeleuses et qu’elles s’accompagnent d’autres symptômes, comme des démangeaisons importantes, des rougeurs ou une sensation de brûlure.
Autrement dit, ne vous fiez pas uniquement à l’aspect de vos pertes.
Ce sont surtout les changements inhabituels et les symptômes associés qui sont intéressants à observer.
Mycose ou autre infection vaginale pendant la grossesse ?
C’est probablement le point le plus important : démangeaisons ou pertes inhabituelles ne signifient pas automatiquement mycose.
Plusieurs infections vaginales courantes peuvent provoquer des symptômes proches.
La vaginose bactérienne, par exemple, est davantage associée à des pertes fluides grisâtres ou blanchâtres et à une odeur forte, souvent décrite comme une odeur de poisson.
La trichomonase, qui est une infection sexuellement transmissible, peut quant à elle provoquer des pertes jaunâtres ou verdâtres, une irritation et parfois des douleurs.
Ces situations ne se traitent pas de la même manière. Et pendant la grossesse, identifier correctement la cause est particulièrement important.
Comment savoir si c'est vraiment une mycose pendant la grossesse ?
Un examen médical
Votre médecin, sage-femme ou gynécologue commencera généralement par vous poser des questions sur vos symptômes et pourra examiner la vulve et les pertes vaginales.
Dans beaucoup de cas, cela permet déjà d’orienter la recherche vers une mycose ou une autre cause.
Un prélèvement vaginal si nécessaire
Si les symptômes sont inhabituels, persistent, récidivent ou ne répondent pas au traitement, un prélèvement vaginal peut être réalisé.
L’échantillon est alors analysé afin de rechercher Candida ou d’autres micro-organismes pouvant expliquer les symptômes.
L’intérêt est simple : éviter d’enchaîner les traitements sans savoir exactement ce que l’on traite.
Et les autotests vaginaux ?
Tous les autotests vaginaux ne fonctionnent pas de la même manière.
Certains se limitent au pH vaginal. C’est un indicateur utile, mais qui ne suffit pas à identifier une mycose : le pH reste souvent normal lorsqu’une candidose est présente.
D’autres tests vont plus loin en analysant plusieurs indicateurs biologiques.
C’est le cas de Santelle, qui analyse 6 biomarqueurs à partir d’un prélèvement vaginal afin d’apporter davantage d’informations sur l’équilibre vaginal et l’origine possible d’un inconfort.

Pendant la grossesse, un autotest ne doit toutefois pas être utilisé seul pour choisir un traitement.
Si vous êtes enceinte et présentez de nouveaux symptômes vaginaux, le plus sûr reste d’en parler à votre médecin ou à votre sage-femme et de vérifier que le dispositif utilisé est adapté à votre situation.
Une mycose vaginale pendant la grossesse est-elle dangereuse pour le bébé ?
Dans la grande majorité des cas, une mycose vaginale simple ne met pas en danger le déroulement de la grossesse.
Elle est surtout très inconfortable pour la personne qui en souffre.
Si une candidose est présente au moment d’un accouchement par voie basse, le champignon peut parfois être transmis au nouveau-né et provoquer un muguet buccal. Celui-ci se traite généralement facilement.
Pas besoin de paniquer pour autant : l’objectif est simplement de repérer et de prendre en charge la mycose correctement, notamment lorsqu’on approche du terme.
Comment traiter une mycose vaginale pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, le choix du traitement est différent de celui proposé habituellement en dehors de cette période.

Les traitements locaux
Les traitements antifongiques appliqués localement dans le vagin, sous forme de crème ou d’ovule, sont généralement privilégiés.
Les recommandations du CDC préconisent notamment les traitements azolés locaux pendant 7 jours chez la femme enceinte.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut acheter un ovule et commencer seule le traitement dès les premières démangeaisons.
Une vaginose, une irritation ou une autre infection peut produire des signes similaires.
Attention aux antifongiques par voie orale
Le fluconazole oral, souvent utilisé contre les mycoses en dehors de la grossesse, n’est pas recommandé pendant la grossesse.
Si vous pensez avoir une mycose, parlez-en donc à votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien avant de commencer un traitement, même si vous avez déjà eu exactement les mêmes symptômes auparavant.
Et si les mycoses reviennent pendant la grossesse ?
Avoir une première mycose est déjà pénible. En voir revenir plusieurs pendant la même grossesse peut devenir franchement décourageant.
Les variations hormonales restent présentes pendant plusieurs mois, ce qui peut favoriser les récidives chez certaines personnes.
Mais si les symptômes reviennent régulièrement, il vaut mieux éviter le réflexe : « je reconnais une mycose, je reprends le même traitement ».
Un prélèvement peut être utile pour vérifier qu’il s’agit bien de Candida, identifier l’espèce concernée et éliminer une autre cause possible.
Comment prendre soin de sa zone intime pendant la grossesse ?
Il n’existe pas de routine miracle pour empêcher toutes les mycoses. Et une mycose n’est certainement pas le signe d’un manque d’hygiène.
Quelques habitudes permettent néanmoins d’éviter d’irriter davantage une zone déjà sensible :
lavez uniquement la vulve, pas l’intérieur du vagin ;
utilisez de l’eau tiède ou, si vous le souhaitez, un nettoyant très doux et non parfumé ;
évitez les douches vaginales ;
séchez la zone en tamponnant plutôt qu’en frottant ;
privilégiez les sous-vêtements respirants ;
changez rapidement de vêtements ou de maillot humides ;
évitez les produits parfumés ou irritants sur la zone intime.
Ces gestes peuvent améliorer le confort, mais ils ne remplacent pas un traitement lorsqu’une mycose est réellement présente.
Quand consulter ?
Pendant la grossesse, il vaut mieux demander un avis médical lorsque des symptômes vaginaux inhabituels apparaissent pour la première fois.
Consultez également si :
vous n’êtes pas certaine qu’il s’agit d’une mycose ;
les pertes ont une odeur forte ou une couleur inhabituelle ;
vous ressentez des douleurs pelviennes ;
les symptômes persistent malgré un traitement ;
les épisodes reviennent régulièrement ;
vous avez de la fièvre, des saignements ou tout autre symptôme inhabituel.
L’objectif n’est pas de s’alarmer au moindre changement, mais d’éviter de traiter « à l’aveugle » quelque chose qui pourrait avoir une autre cause.
Questions fréquentes
Une mycose vaginale est-elle fréquente pendant la grossesse ?
Oui. Les changements hormonaux de la grossesse créent un environnement plus favorable à la prolifération de Candida, ce qui explique pourquoi les candidoses sont particulièrement fréquentes pendant cette période.
Comment reconnaître une mycose enceinte ?
Les signes les plus évocateurs sont des démangeaisons importantes, des brûlures et des pertes blanches épaisses ou grumeleuses, généralement sans odeur forte. Ces symptômes peuvent néanmoins ressembler à ceux d’autres problèmes vaginaux.
Une mycose enceinte est-elle dangereuse pour le bébé ?
Une mycose vaginale simple n’est généralement pas dangereuse pour la grossesse. Une transmission au bébé peut parfois avoir lieu lors d’un accouchement par voie basse et provoquer un muguet buccal.
Peut-on utiliser un ovule contre la mycose pendant la grossesse ?
Certains traitements antifongiques locaux sont recommandés pendant la grossesse, mais le produit et la durée de traitement doivent être adaptés à votre situation. Demandez conseil à un professionnel de santé avant de commencer un traitement.
Peut-on faire un test de mycose pendant la grossesse ?
Un professionnel de santé peut réaliser un prélèvement vaginal pour rechercher Candida et d’autres causes possibles. Les autotests peuvent fournir certaines informations sur l’équilibre vaginal, mais pendant la grossesse ils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé et ne doivent pas être utilisés seuls pour décider d’un traitement.
Pourquoi mes mycoses reviennent-elles pendant la grossesse ?
Les variations hormonales et les modifications de l’environnement vaginal persistent pendant toute la grossesse. Chez certaines personnes, cela suffit à favoriser plusieurs épisodes successifs. Si les symptômes reviennent souvent, mieux vaut vérifier qu’il s’agit bien d’une candidose plutôt que de répéter systématiquement le même traitement.

Écrit par
Zineb Sadki
Rédaction éditoriale, Santelle
Zineb écrit et édite les contenus du blog Santelle, sur la santé intime et le microbiote vaginal.






